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  • TMB J5 Sensations

    Aujourd’hui  fut probablement l’étape la plus « accomplie » sportivement. Courte (12km) mais pentue (1000mD+, idem D-). Tous les dénivelés ne se « vivent » pas de la même manière. Aujourd’hui beaucoup de parties en alpages, et ça j’adore . Dans la montée au mythique Grand col Ferret, point culminant du TMB (2536m), j’ai retrouvé (ou presque) le rythme de grimpeur de mes 20 ans ! Et dans la descente j’ai couru en partie, me prenant pour un trailer sur l’UTMB. Les jambes tiennent bien, les appuis sont précis, et j’ai pu ainsi « dérouler » dans une descente beaucoup moins cassante et technique que celles des deux premiers jours. De très agréables sensations physiques, donc, et dans un paysage somptueux, vaste sans être écrasant, aux pentes herbeuses et fleuries. Il reste un peu de neige et des bouts de glacier, des cascades et des torrents. La canicule ne nous a pas encore tout pris ! Mais quels seront les paysages que verront nos petits-enfants dans un monde où on cherche à « s’adapter » au lieu de changer ?

    Quel bonheur que le grand vent glaçant qui soufflait au Grand col Ferret !

    Va-t-on un jour « climatiser «  aussi les chemins devenus insupportablement chauds ?

    En attendant la fin d’un certain monde, on ne se prive pas, et exceptionnellement (normalement on ne déjeune pas) nous avons fait un stop au refuge Elena pour un « bière et lasagnes » en terrasse face aux massifs majestueux. C’est Daniel qui a eu cette bonne idée. Elle est pas belle la vie ?

  • TMB J4 Silence… ou presque.

    Comme de gros benêts que nous sommes parfois (pas souvent tout de même) nous avons réussi à faire 4km de plus que prévu ! Le road-book mentionnait bien pourtant que la trace GPS menait à Ferret, plus loin que Fouly où nous dormons ce soir… Stupid boys ! Bilan une étape de 20km (800 D+, 800 D-). Heureusement grand soleil pas caniculaire, sentiers et paysages doux, cheminement beaucoup plus « confortable ». Ce doit être l’effet helvète ! Ah ces Suisses … leurs jardins remarquables, leurs chalets désirables, et leurs stocks de bûches impeccables… Tout ça est d’un calme tellement agréable! Sauf quand déboulent des randonneurs bruyants qui, « le nez sur leur portable, sont connectés avec toute la planète sauf avec ces lieux qu’ils traversent, préférant le ronronnement de leur blabla continu à la petite musique du vent ou au chant des oiseaux ou au simple silence ». Cette phrase est écrite sur une fresque type BD affichée au bord du chemin au hameau de Praz-de-fort. Étonnamment le seul personnage silencieux de ce dessin semble inspiré de l’ami Daniel (devinez pourquoi : voir photo) !

  • TMB J3 Le compagnon

    Étape longue et pluvieuse, entre Trient et Champeix-le-lac : presque 17km, 1050D+, 800D-. Nous faisons le « Tour » dans le sens horaire. Apparemment ce n’est pas le cas de la plupart des marcheu.rs.ses tant nous avons croisé des caravanes randonneuses montantes dans la descente après le Chalet de Bovines (préféré à la trop risquée Fenêtre d’Arpette par temps de pluie). Beaucoup d’Asiatiques. L’ami Daniel, dont la belle-fille est made in Japon, aime les saluer d’un « Enjoy » (accent varois) ou « Bonjour » (accent anglais de Toulon) ou « Vous êtes japonais ?» (accent sympathique). Il est comme ça le Daniel : spontané et partageur. A une randonneuse qui monte : « Vous allez jusqu’en haut ? ». Après un énième dégazage sur le chemin : « Bon pétant, bon vivant ! »(comme disait son grand-père). Le soir il s’endort en trois secondes chrono. Au réveil chaque matin il fait son yoga du visage, des yeux, et la salutation à Ganesh le dieu éléphant. Ce qui ne l’empêche pas d’être capable de mettre son slip à l’envers devant derrière ! Il est hyper bienveillant,

    hyper généreux, et vaillant dans l’effort. Toujours content, jamais plaignant . Minutieux et élégant. Et s’il râle (très rarement) c’est trèèès doucement, c’est à dire… pas du tout comme Mister P. !

    Vous l’avez compris : c’est un formidable compagnon de marche. J’ai de la chance de le connaître…P

    Et vous l’avez deviné : sur la photo, c’est lui !