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  • TMB J9 Bilan

    Ça y est ! Nous avons fini « notre » Tour du Mont Blanc (car il y a de nombreuses variantes).

    Le dernier jour nous a proposé le plus gros dénivelé positif de ce Tour : 1300m. Et en particulier une succession « montée aux  Chalets de Truc puis Col de Tricot « particulièrement exigeante surtout avec la chaleur.

    Globalement faire un TMB reste un vrai défi et s’adresse à des « ultra-randonneurs » confirmés (voir chronique d’hier, J8) ou ceux qui en ont le potentiel. Rien d’insurmontable si on a un peu d’expérience et les qualités élémentaires : patience du cheminement (les montées  et les  fins d’étape peuvent paraître longues) et confiance en son pas (pour la pente, qu’elle soit montante ou descendante).

    Pour ce qui est du visuel, l’expérience reste exceptionnelle. C’est une sorte de quintessence de la montagne. Ce n’est pas pour rien que le monde entier y vient.

    La fréquentation, d’ailleurs, parlons-en. Oui, il y a vraiment beaucoup de monde. Est-ce un problème ? A chacun d’apprécier si c’est une raison de se priver d’un cheminement vraiment unique.

    En tout cas pour moi, outre l’accomplissement d’un vieux rêve de marcheur, ce fut aussi un retour aux sources. Aujourd’hui nous sommes passés sous les Dômes de Miage et l’arête de Bionnassay, des sommets gravis (alpinisme) en… 1982 ! J’ai de la chance de pouvoir revenir ici si longtemps après avec Mister P. ! Hélas  les glaciers ne sont plus du tout les mêmes… et cela alimente en moi une sourde colère contre ma génération …

    Je ne voudrais pas finir ce bref « bilan » sans marquer aussi la qualité de l’aventure amicale vécue encore une fois avec Daniel le compagnon de marche.

    Et maintenant ? Mister P. continue d’avancer… mais se donne aussi le droit de se reposer…

    • À bientôt ! Merci de votre fidélité.
  • TMB J8 Ultra

    8 6 juillet

     

    Encore une longue étape : 20km, 1000D+,1350D-. Arrivée au beau village des Contamines-Montjoie en passant par ND de la Gorge.

    On enchaine donc les « ultra-randonnées » qui sont à la randonnée ce que « l’ultra-trail » est au trail. Je propose ce terme qui n’est étonnamment pas utilisé alors qu il serait très utile pour distinguer la sortie du dimanche (ou hebdomadaire en club de marche) de ces longues étapes à gros dénivelés. En trail on a du mal à se mettre d’accord mais généralement au-dessus de 40km c’est un trail « long » et à partir de 80 c’est un « ultra ».

    On pourrait distinguer de la même manière la « rando » (maxi 3h 500 D+) de la « longue rando »(environ 5h jusqu’à 1000D+) et « l’ultra-rando » (plus de 6h de marche effective et plus de 1000D+ sur terrain accidenté).

    À quoi bon ce genre de distinctions ? À choisir ce qui nous convient, à ne pas se retrouver en galère ou souffrance. Il est un peu bizarre de mettre sous le même mot des réalités si différentes.

    Je fais du trail pas de l’ultra (et ce TMB me le confirme : je suis totalement incapable de m’imaginer sur l’UTMB…).

    À part ça… Comme prévu j’ai recroisé ce matin le petit couple. je les ai retrouvés au Refuge de la Croix du Bonhomme (avant le Col du Bonhomme !), en attendant Daniel qui aujourd’hui en a un peu plein les pattes.

    Je leur ai offert deux petites pierres « love and peace » qu’ils ont choisies parmi la dizaine que j’ai amenées dans mon sac. Je crois que ça leur a fait vraiment plaisir. Je crois bien que ce sont mes premières «  petites pierres » qui partent en Grande-Bretagne

  • TMB J7 Frenchy

    Aujourd’hui on a explosé les compteurs : 22km, 1032D+, 1134D-, 7h30 pauses comprises.

    Pourtant, ce soir, pas de fatigue particulière. C’était le 7eme jour. Évidemment une accoutumance s’installe. Le corps, déjà rompu de longue date à ce type d’effort, s’habitue et s’adapte. Cela s’appelle l’entraînement, et comme le disait le philosophe Michel Serre : « Rien ne résiste à l’entraînement ». Après un détour par le récent refuge Combal (photo) et le lac du Miage, nous avons grimpé jusqu’au refuge Elisabetha (arrêt boissons) puis au Col de Seigne, un passage fameux du TMB emprunté depuis le Moyen-Age et fréquenté par les Romains (c’était la minute culturelle…). Le Col marque aussi le retour en France. Ensuite longue descente vers le refuge des Montets, puis derniers kilomètres, dont une délicate traversée de torrent et névé, jusqu’au gîte du hameau de Chassieux. Au bout du sentier qui rattrape la route on tombe sur  un panneau interdisant formellement ce chemin à cause de l’effondrement du pont sur le torrent et du névé dangereux. Mais pas de panneau à l’autre bout du sentier par où nous sommes arrivés. C’est malin ! Ce soir table commune avec une dizaine d’anglophones en grandes conversations. J’ai fait mon petit effet en disant : « Sorry, I’m french !».  Il faut dire que sur ce chemin, les étrangers sont légions (comme diraient les Romains!). Parmi eux un petit couple que nous voyons presque chaque jour. Ils sont sur le même timing que nous. Elle est irlandaise (from Belfast), il est anglais (from Plymouth). Ils se sont connus à l’université et ce sont leurs dernières vacances avant la vie « active »(comme on dit).  Ils étaient à table (commune) avec nous. On les reverra probablement encore demain. Ça me rappelle le Camino…

  • TMB J6 Le luxe

    Nous sommes en Italie. Pour saluer les (très) nombreux randonneurs.euses que nous croisons sur ce TMB, Daniel fait preuve d’une admirable inventivité polyglotte. Ça va de «Buongiorno » et « Ciao » à « buena giornata », parfois un étonnant « Prego », il passe à l’anglais avec « Have a nice day », « Hi », « Thank you », « You welcome », et revient parfois au français parce qu’on ne sait jamais « à vue » à quelle nationalité on a affaire : « Bonjour », « Passez une bonne journée », « Courage c est pas loin »(quand ils montent). On reconnaît seulement les Asiatiques, mais Daniel reste fidèle au Japon ce qui a valu à un probable chinois un improbable « arigato » (merci) …Bref, un festival linguistique !

    Tout ce monde aujourd’hui nous l’avons croisé sur de magnifiques sentiers en balcon qui nous ont offert toute la journée l’intégralité du versant italien du « Monte Bianco ». Esthétiquement peut-être la plus belle étape, entre refuge Bonatti (le célèbre alpiniste) et refuge Bertone (alpiniste mort au Mont Blanc).

    Tout cela avant de descendre à Courmayeur,  le Chamonix italien, en plus chic. Comme à Cham le bureau des guides est à  cote de l’église. Comme à Cham plein de boutiques de marques rando dans lesquelles je me retiens de rentrer. Et en plus ici des boutiques de montres (Rollex, Omega, Patek) dans lesquelles je n’ai pas envie de rentrer. La vraie richesse  est ailleurs, comme l’eau de cette fontaine au vieux lavoir  au bas de la descente.  Quel luxe que cette eau fraîche dans mes mains et sur mon visage ! Quel luxe que ces paysages et ces chemins ! Quel luxe d’être là !

  • TMB J5 Sensations

    Aujourd’hui  fut probablement l’étape la plus « accomplie » sportivement. Courte (12km) mais pentue (1000mD+, idem D-). Tous les dénivelés ne se « vivent » pas de la même manière. Aujourd’hui beaucoup de parties en alpages, et ça j’adore . Dans la montée au mythique Grand col Ferret, point culminant du TMB (2536m), j’ai retrouvé (ou presque) le rythme de grimpeur de mes 20 ans ! Et dans la descente j’ai couru en partie, me prenant pour un trailer sur l’UTMB. Les jambes tiennent bien, les appuis sont précis, et j’ai pu ainsi « dérouler » dans une descente beaucoup moins cassante et technique que celles des deux premiers jours. De très agréables sensations physiques, donc, et dans un paysage somptueux, vaste sans être écrasant, aux pentes herbeuses et fleuries. Il reste un peu de neige et des bouts de glacier, des cascades et des torrents. La canicule ne nous a pas encore tout pris ! Mais quels seront les paysages que verront nos petits-enfants dans un monde où on cherche à « s’adapter » au lieu de changer ?

    Quel bonheur que le grand vent glaçant qui soufflait au Grand col Ferret !

    Va-t-on un jour « climatiser «  aussi les chemins devenus insupportablement chauds ?

    En attendant la fin d’un certain monde, on ne se prive pas, et exceptionnellement (normalement on ne déjeune pas) nous avons fait un stop au refuge Elena pour un « bière et lasagnes » en terrasse face aux massifs majestueux. C’est Daniel qui a eu cette bonne idée. Elle est pas belle la vie ?

  • TMB J4 Silence… ou presque.

    Comme de gros benêts que nous sommes parfois (pas souvent tout de même) nous avons réussi à faire 4km de plus que prévu ! Le road-book mentionnait bien pourtant que la trace GPS menait à Ferret, plus loin que Fouly où nous dormons ce soir… Stupid boys ! Bilan une étape de 20km (800 D+, 800 D-). Heureusement grand soleil pas caniculaire, sentiers et paysages doux, cheminement beaucoup plus « confortable ». Ce doit être l’effet helvète ! Ah ces Suisses … leurs jardins remarquables, leurs chalets désirables, et leurs stocks de bûches impeccables… Tout ça est d’un calme tellement agréable! Sauf quand déboulent des randonneurs bruyants qui, « le nez sur leur portable, sont connectés avec toute la planète sauf avec ces lieux qu’ils traversent, préférant le ronronnement de leur blabla continu à la petite musique du vent ou au chant des oiseaux ou au simple silence ». Cette phrase est écrite sur une fresque type BD affichée au bord du chemin au hameau de Praz-de-fort. Étonnamment le seul personnage silencieux de ce dessin semble inspiré de l’ami Daniel (devinez pourquoi : voir photo) !

  • TMB J3 Le compagnon

    Étape longue et pluvieuse, entre Trient et Champeix-le-lac : presque 17km, 1050D+, 800D-. Nous faisons le « Tour » dans le sens horaire. Apparemment ce n’est pas le cas de la plupart des marcheu.rs.ses tant nous avons croisé des caravanes randonneuses montantes dans la descente après le Chalet de Bovines (préféré à la trop risquée Fenêtre d’Arpette par temps de pluie). Beaucoup d’Asiatiques. L’ami Daniel, dont la belle-fille est made in Japon, aime les saluer d’un « Enjoy » (accent varois) ou « Bonjour » (accent anglais de Toulon) ou « Vous êtes japonais ?» (accent sympathique). Il est comme ça le Daniel : spontané et partageur. A une randonneuse qui monte : « Vous allez jusqu’en haut ? ». Après un énième dégazage sur le chemin : « Bon pétant, bon vivant ! »(comme disait son grand-père). Le soir il s’endort en trois secondes chrono. Au réveil chaque matin il fait son yoga du visage, des yeux, et la salutation à Ganesh le dieu éléphant. Ce qui ne l’empêche pas d’être capable de mettre son slip à l’envers devant derrière ! Il est hyper bienveillant,

    hyper généreux, et vaillant dans l’effort. Toujours content, jamais plaignant . Minutieux et élégant. Et s’il râle (très rarement) c’est trèèès doucement, c’est à dire… pas du tout comme Mister P. !

    Vous l’avez compris : c’est un formidable compagnon de marche. J’ai de la chance de le connaître…P

    Et vous l’avez deviné : sur la photo, c’est lui !