Aujourd’hui on a explosé les compteurs : 22km, 1032D+, 1134D-, 7h30 pauses comprises.
Pourtant, ce soir, pas de fatigue particulière. C’était le 7eme jour. Évidemment une accoutumance s’installe. Le corps, déjà rompu de longue date à ce type d’effort, s’habitue et s’adapte. Cela s’appelle l’entraînement, et comme le disait le philosophe Michel Serre : « Rien ne résiste à l’entraînement ». Après un détour par le récent refuge Combal (photo) et le lac du Miage, nous avons grimpé jusqu’au refuge Elisabetha (arrêt boissons) puis au Col de Seigne, un passage fameux du TMB emprunté depuis le Moyen-Age et fréquenté par les Romains (c’était la minute culturelle…). Le Col marque aussi le retour en France. Ensuite longue descente vers le refuge des Montets, puis derniers kilomètres, dont une délicate traversée de torrent et névé, jusqu’au gîte du hameau de Chassieux. Au bout du sentier qui rattrape la route on tombe sur un panneau interdisant formellement ce chemin à cause de l’effondrement du pont sur le torrent et du névé dangereux. Mais pas de panneau à l’autre bout du sentier par où nous sommes arrivés. C’est malin ! Ce soir table commune avec une dizaine d’anglophones en grandes conversations. J’ai fait mon petit effet en disant : « Sorry, I’m french !». Il faut dire que sur ce chemin, les étrangers sont légions (comme diraient les Romains!). Parmi eux un petit couple que nous voyons presque chaque jour. Ils sont sur le même timing que nous. Elle est irlandaise (from Belfast), il est anglais (from Plymouth). Ils se sont connus à l’université et ce sont leurs dernières vacances avant la vie « active »(comme on dit). Ils étaient à table (commune) avec nous. On les reverra probablement encore demain. Ça me rappelle le Camino…