Ce "topoguide" (voir image ci-dessus) du très célèbre "Tour du Mont-Blanc" date de 1986... J'étais jeune (et beau ;-) ) à l'époque... J'avais découvert la randonnée par un Tour de la Vanoise fait à 16 ans en compagnie de mon frangin Gégé, initiateur en "marche en montagne". J'avais découvert l'alpinisme par des séjours dans les Ecrins puis dans le massif du Mont-Blanc grâce à un groupe de copains savoyards. En 1986 j'avais donc déjà à mon actif quelques belles marches itinérantes et quelques beaux sommets. Et déjà, dès cette période, je rêvais de ce "TMB", acronyme que chaque marcheur amoureux de la montagne connaissait comme le graal du randonneur. C'était très très longtemps avant que ce tracé labellisé Grande Randonnée (GR) devienne encore plus célèbre comme course de trail, le fameux UTMB (Ultra Trail du Mont Blanc), série de courses dont le format 170km est au trail ce que le Tour de France est au cyclisme. En 1986, je marchais et courais sur les chemins de montagne mais le "trail" n'existait pas.
C'est donc une très longue histoire que j'entretiens avec cette boucle qui, en France, Italie, Suisse, fait le tour du sommet le plus haut d'Europe occidentale. Ce TMB je l'ai toujours "repoussé", en me disant que je pourrais toujours le faire "plus tard". J'ai privilégié des treks plus lointains et plus difficiles. Je me suis aussi entêté à grimper le sommet lui-même (à 60 ans, après 3 échecs de jeunesse).
Le "Tour" m'attendait donc toujours... Aujourd'hui, enfin, je suis au rendez-vous, si longtemps après... Ce ne sera pas un exploit, ni un défi trop difficile à relever, mais il m'apparaît vraiment comme un "accomplissement" dans ma "carrière" de marcheur-randonneur... Avec le TMB, si tout va bien, j'aurai coché à peu près toutes les cases de ce qui faisait rêver le tout jeune marcheur-alpiniste des années 80...
Ce fringant grimpeur des sentiers et des cimes, ce jeune insouciant et sans limites, portait son sac de rêves mais évidemment il ne se doutait pas que ce serait "Mister P." qui irait au rendez-vous du TMB...
La vie miraculeuse nous réserve bien des surprises. Certaines sont réellement tragiques. D'autres sont seulement plus ou moins douloureuses. Quand elles ne nous enlèvent pas toutes nos capacités de sentir cette vie et notre "puissance d'exister", l'essentiel, quand c'est possible, est peut-être de continuer à poursuivre quelques-uns de ces rêves. Mister P. a la chance de pouvoir cheminer encore. Ne serait-ce qu'au nom de tous ceux et celles qui n'ont pas cette chance, Mister P. doit à nouveau se mettre en marche. Ce sera dans deux jours, et il va essayer de vous raconter cette randonnée pendant 9 jours, comme il l'a fait déjà pour de plus longs parcours, en acceptant de n'être plus le jeune chien fou des années 80 et d'être devenu vieux, lent ... et moche ! ;-))
PS : un an jour pour jour après la fin du projet "14 sommets (de moins de 8000) en 14 jours"... Voir ci-dessous...